Un film de Charlotte Silvera, avec Thylda Bares et Nora Rotman – Avec la participation de Raphaël Mezrahi, Héléna Noguerra, Jean-Claude Brialy…
SYNOPSIS :
Judith, huit ans, préfère le cinéma à la vraie vie. La fillette obtient le rôle principal d’un film " Prune ", où une jolie fée (elle) réussissait à ramener la paix et le bonheur dans sa famille. Depuis, elle ne fait que rêver de retrouver ses anciens collègues. Les tensions entre ses parents n'arrangeant rien, Judith fugue et rencontre sur sa route Nora, onze ans, qu'elle entraîne dans sa folle équipée…
L'AVIS DE LA REDACTION :
C’est vrai, en regardant les frimousses des deux gamines sur l’affiche, on a du mal à se méfier. Une petite brune, une petite blonde ; une culottée, l’autre renfermée… Qui partent à travers les rues magiques de la capitale à la recherche d’un trésor perdu. En l’occurrence, un clone cinématographié de l’une d’entre elles.
Un sujet qui avait donc le mérite de tenir debout. Malheureusement, ces deux fillettes sont les héroïnes d’un film un peu trop grand pour elles. Car, comme le titre l’indique, elles le portent tout entier sur leurs maigres épaules… Un travail beaucoup trop dur, que l’on ressent dès les premières minutes. Au départ mignonne, puis gentillette, cette petite comédie dramatique finit par lasser. Et la jolie frimousse de Thylda Barres, déambulant les deux doigts dans la bouche, à nous taper sur les nerfs. Là où d’autres gamines sont excellentes, comme Julie Julien dans
VA PETITE !, Thylda Barres peine à garder l’attention du spectateur. Une gosse de huit ans, la clope au bec et du rouge à lèvres plein la bouche. Soit disant parce qu’au cinéma, tout le monde fume ! Est-ce réellement l’image qu’on les enfants du 7e art ?
Mêlant situations tellement stéréotypées qu’elles en sont improbables, personnages hauts en couleurs incarnés par des guest stars parfois inutiles, et dialogues peu naturels, quasi toujours récités, ce film laisse bien vite notre intérêt sur le bas côté…
Résultat, on s’endort un peu devant ces rêves improbables de cinéma dépassant la réalité ; On s’énerve au rythme des "toi t’es géniale grave" ou "ouah t’as éteint la zikmu" ; On se demande où l’on a bien pu partir lors de la séquence du kidnapping. Bref, on les voit se serrer dans les bras, se chamailler, se pardonner, se mentir, se dire la vérité. Partir avec des inconnus, tirer à coup de canettes sur des voitures, voler à manger et une trottinette, racketter une bourgeoise, faire pipi au milieu des Champs Elysées, ect… Bel exemple pour nos chérubins !
Quant à la mise en scène, la caméra à l’épaule laisse un arrière goût amer, et un sacré mal de tête. A les voir arpenter les rues de Paris, les Champs, le Marais et les quais de la Seine, on pense mollement aux films de la Nouvelle Vague, à Jean Seberg, Belmondo, Truffaut ou Godard. Mais LES FILLES, PERSONNE S’EN MEFIE est bien loin d’apporter le même hymne à Paris que
A BOUT DE SOUFFLE. Mis à part la prestation de Raphaël Mezrahi, excellent comme toujours, l’on a du mal à s’attacher réellement. Ce film est-il une ode au 7e art, ou bien au contraire un énième appel à la surveillance des images soit disant malsaine diffusées sur grand écran ? C’est le cinéma qui a bouleversé cette petite, ses jolies couleurs et ses solutions toutes prêtes. Dur dur de comprendre que la vie, contrairement à ce qu’a pu dire Godard, n’est pas toujours du cinéma. Comme quoi, parfois, on ferait mieux de se méfier un peu.
Aurélie Maulard.
L’AVIS DE LA PRESSE :
Studio Magazine :
"Cette déclaration d’amour au cinéma souffre, hélas, de lourdes maladresses, tant dans la mise en images que dans sa construction scénaristique, chaotique, au service d’un propos trop naïf. Un film à hauteur d’enfant. "
T.C. (article entier disponible dans Studio Magazine n°191, page 34)
Télérama :
"La réalisatrice prétend opposer, sur le mode ludique, la sincérité enfantine à l’hypocrisie du monde du spectacle. (…) Pourquoi en faire une Zazie affectée ? Pourquoi lui truffer la langue de mots d’adultes ? Un vagabondage factice. "
I.F. (article entier disponible sur le site de
Télérama)
Le Monde :
" Hésitant entre nostalgie et amertume, la réalisatrice ne trouve pas sa voie. Elle parvient tout juste à illustrer une idée du cinéma certes jolie, mais éculée, comme art de l'enfance, du rêve, de l'école buissonnière."
Isabelle Regnier (article entier disponible sur le site de
Le Monde)
PROPOS DE CHARLOTTE SILVERA :
À la genèse du film. Tout est parti de témoignages que j’avais eus des enfants que j’ai fait tourner, notamment pour
LOUISE… L’INSOUMISE. Un metteur en scène est presque toujours pris en défaut quand il fait travailler un rôle à des enfants parce qu’on ne peut pas répondre complètement à leur attente sur le personnage. On sous-estime l’importance que peut avoir, pour les acteurs, le film, l’ambiance de tournage… C’est le même sujet des filles, personne s’en méfie.
Le choix de la technique numérique. Je m’en suis servie aux meilleures fins, pas seulement économiques : on tournait avec une équipe très légère en extérieur. Jamais on ne se posait ! Avec ses petites DV, on arrivait à coller au plus près des deux enfants –je n’aurais pas pu faire le même film en 35mm.
Les interprètes. La rencontre avec ces deux "actrices" a été le déclencheur. Lorsque j’ai découvert Thylda Barès, et lui ai parlé du déchirement de Judith, son personnage… Elle a tout de suite compris. Elle a un don du jeu comme un sens supplémentaire. Elle avait déjà tourné avec Blemondo ! Pour la plus grande, Nora, je cherchais son opposée, je voulais quelqu’un de plus intérieur, de plus proche de l’adolescence. J’ai eu beaucoup de chance parce que tous les acteurs que j’ai sollicités sont venus. Dans ce " Zazie dans le cinéma ", ces deux gamines rencontrent Jean-Claude Brialy, Roland Bertin, George Corraface… Toute cette magie du cinéma se déroule sur les lieux même du cinéma.
La musique. Je voulais une chanson sur la dérive des enfants dans Paris. Des amis communs m’ont proposé d’en parler à Etienne Roda-Gil.. . qui s’est emparé du film avec plaisir et a écrit La Dérive. Quand on a donné la chanson à Thylda, elle a été emballée ! En deux prises, elle l’a enregistré a cappella…
L’enfance en ligne de mire. La complicité, la rivalité, les rapports vrais entre les enfants sont très rarement les sujets du film, ici. Je suis très attachée à leur univers, je souffre beaucoup qu’on les délaisse. Hors des thèmes sur l’abandon, la souffrance, le cinéma s’attache trop rarement à leur révolte, leur fantaisie, leurs rires… Surtout, j’aime l’idée que les enfants, dégagés de leur contrainte, se révoltent et tordent le cou à leur destin. Il m’a toujours semblé qu’à partir du regard d’une enfant, on peut davantage transmettre, rendre émouvant et multiplier comme dans un miroir tout ce que nous vivons.
L’éphémère, l’excitation, l’amour et la douleur… Croire qu’on appartient à une famille alors qu’on en est loin, croire qu’avec une plaque sur une porte on rencontre un producteur alors qu’on en est loin, faire croire aussi qu’une fois le film on reste proche de l’équipe, alors qu’on en est très loin… je pense que cette question si complexe du cinéma est posée avec un sentiment très fort parce qu’elle est vécue par une enfant.
FICHE ARTISTIQUE :
Judith : Thylda Bares
Nora : Nora Rotman
Le marinier : Roland Bertin
Le producteur : Dominique Besnehard
Le projectionniste : Jean-Claude Brialy
Le pompier : George Corraface
Le réalisateur : Jérôme Deschamps
L’acteur : Raphaël Mezrahi
L’actrice : Héléna Noguerra
La monteuse : Agnès Soral
FICHE TECHNIQUE :
Réalisatrice : Charlotte Silvera
Scénariste : Charlotte Silvera et Richard Morgiève
Production : Louise Productions - Charlotte Silvera
Montage : Marie Castro
Son : Alain Villeval
Costumes : Yan Cadran
Musique : Jean-Marie Senia et Etienne Roda-Gil