Notes de Prod. : Le Lorax

    en DVD le 27 Novembre 2012

De la page à l'écran : Le retour du Lorax

La relation que Chris Meledandri a initié avec Audrey Geisel sur Horton (Jimmy Hayward, Steve Martino, 2008) a conduit à la décision d’entreprendre Le Lorax.

Cette décision vient en fait d’Audrey Geisel. Nous avions abordé l’idée de faire un autre film ensemble et elle m’a dit : «C’est celui-ci que je veux faire», expliquant qu’il s’agissait du livre préféré de Theodor, livre qu’il lui a dédié. Elle lui portait une profonde affection et était très attachée à la pertinence de l’histoire», explique Meledandri.

«J’ai considéré le projet pendant pas mal de temps et j’en ai discuté avec mes associés chez Illumination. Avec tous les ouvrages de Seuss, il est primordial de trouver une façon de raconter l’histoire qui respecte et révère son travail. Il nous a fallu six mois pour déterminer si nous pouvions le faire avec succès», ajoute Meledandri.

Le Lorax est la quatrième collaboration de Chris Meledandri avec les scénaristes/producteurs délégués Cinco Paul et Ken Daurio. Le tandem d’auteurs a en effet travaillé avec le producteur sur Moi, Moche Et Méchant (Pierre Coffin, Chris Renaud, 2010) et Hop (Tim Hill, 2011), mais leur premier projet en commun était Horton.

Le monde du Dr. Seuss leur est donc très familier et ils maîtrisent ce qui fait le succès de son adaptation à l’écran. La responsabilité de rendre justice au travail d’un tel artiste était immense et n’avait d’égal que l’attrait de créer un univers filmique pittoresque et haut en couleur.

«L’imagination du Dr. Seuss est une des plus riche du 20e siècle. Son univers est fantasque, joyeux, et ses personnages sont si attachants. Il a écrit des histoires délicieuses, avec des thèmes et des idées universels et intemporels», commente encore Meledandri.

Chris Renaud, le réalisateur cité à l’Oscar (avec Mike Thurmeier) pour son court-métrage d’animation «No Time for Nuts » (2006), déclare quant à lui : «Dr. Seuss fait partie de ma vie depuis l’enfance, et ses livres, et The Lorax en particulier, sont des histoires que j’ai transmises à mes enfants. Il nous apprend à prendre conscience d’un monde qui s’étend au-delà de notre propre existence, et nous enseigne que chacun de nous est à même de changer les choses. Et ce sont des idées qui restent. Si on apprend ces leçons petit, on les retient pour la vie. »

The Lorax est un bien établi et chéri, et qui sert de pierre de touche pour de nombreux jeunes lecteurs. Pour que le film fasse entrer le public dans l’histoire, l’équipe se devait d’étoffer les personnages et d’élargir l’univers du livre. Il ne s’agissait pas de réécrire l’histoire mais de la compléter avec un avant et un après, ce qui ne fut pas sans difficultés.

«L’idée est de rester fidèle à l’original et de lui rendre hommage, mais il faut le développer, l’élargir pour que cela fonctionne sur un film de 90 minutes, qui est un format très différent d’un livre pour enfants», explique le réalisateur.

Heureusement pour la production, Seuss leur avait fourni le parfait point de départ. «Quand le Gash-pilleur lance la graine à Ted, cela nous semblait le moment idéal pour développer l’histoire et imaginer à quoi ce nouveau monde ressemblerait... en plus de raconter l’histoire du Lorax et du Gash-piller en flash-back.»

Parce que The Lorax est un ouvrage si largement apprécié, il fallait être fidèle aux détails. «Nous savions à quoi ça ressemblait, mais nous devions en réaliser une version en 3D», commente Chris Renaud. Pour visualiser le monde de Thneedville, imaginé par les scénaristes, le réalisateur s’inspira des détails les plus infimes qui apparaissent dans le livre. «Il y a un petit dessin de la ville où vit Ted au coin de la première page. Nous nous en sommes servi pour créer Thneedville», déclare-t-il.

Son livre préféré

Un des auteurs de livres pour enfants les plus vendus au monde (plus d’un demi milliard), Theodor «Dr. Seuss» Geisel a créé des ouvrages qui ont été publiés en 17 langues et dans 95 pays, et est devenu une véritable icône américaine.

Mais avant de devenir le Dr. Seuss, l’auteur a travaillé dans la publicité et comme caricaturiste politique, et il explique l’intérêt qu’il a trouvé à écrire, plus tard dans sa carrière, pour un jeune lectorat (dans un essai paru en 1960) : «Ce que les enfants lisent et ce qu’ils pensent est le fondement à partir duquel ce pays évoluera. Ou pas. En ces temps de tension et de confusion, les écrivains commencent à se rendre compte que les livres pour enfants ont un plus grand pouvoir bénéfique ou maléfique que tout autre forme de littérature sur Terre.»

De la vallée de Truffala à Thneedville : qui est qui dans le monde du Dr. Seuss ?

De la cité artificielle de Thneedville semblable à un immense parc d’attractions où le moindre végétal a disparu, à la luxuriante vallée de Truffala, peuplée d’animaux joueurs et couverte d’arbres aux feuillages flamboyants, Le Lorax nous conduit à la découverte de deux univers riches d’une multitude de personnages et créatures.

Les habitants de la vallée de Truffala

Les Barbalous sont d’adorables nounours qui ne vivent que pour batifoler parmi les Truffalas, faire les fous et se délecter des fruits sucrés de la nature. Ils sont sans aucun doute les créatures les plus craquantes de la vallée de Truffala. Lou est le plus gros et Tiboutchouk, le bébé gaffeur du clan, avec deux passions dans la vie : la guimauve et baver dans son sommeil.

Légendes vivantes du rire et jeunes stars : les comédiens

Pour le choix des acteurs qui allaient prêter leurs voix aux personnages du Le Lorax, la production cherchait une palette de talents qui non seulement servirait le film à la perfection, mais serait également à même d’incarner l’univers du Dr. Seuss.

Danny DeVito : premier acteur à incarner un personnage animé en plusieurs langues.

C’est toujours un vrai défi de trouver les interprètes idéaux, tout autour du globe, pour incarner les personnages principaux d’un film d’animation dans d’autres langues, sans dénaturer le personnage ni la performance originale. La personnalité que Danny Devito apportait au Lorax en anglais était si prononcée que l’équipe en vint à se demander s’il serait à même de reproduire cette prouesse dans une langue étrangère. Bien qu’il ne parle couramment qu’anglais, le comédien est toujours prêt à relever un défi, et il accepta de s’essayer à l’espagnol, l’italien, le russe et l’allemand. Et contre toute attente, il ne parvint pas seulement à maîtriser les dialectes locaux, mais la rythmique comique de chaque langue.

Célébration et inspiration : le style visuel de l’original

Chris Meledandri et les scénaristes avaient développé une relation de confiance avec les ayants droits de l’œuvre du Dr. Seuss durant l’élaboration d’Horton et étaient familiers avec toutes les nuances de son travail.

La création de nouveaux personnages et de nouvelles scènes devait respecter un seul mot d’ordre : être dans l’esprit du livre. Qu’il s’agisse de l’histoire, des protagonistes ou des décors, tous devaient avoir un caractère “seussien” et être cohérents avec le monde imaginé par Theodor Geisel. Hors il y a dans The Lorax des éléments subtiles mais importants que l’auteur employait pour la première fois. Il s’est en effet éloigné de sa palette chromatique habituelle pour accentuer le déséquilibre d’un monde sans arbres.

Thneedville

Avec le livre comme source d’inspiration, l’équipe souhaitait un univers filmique très lumineux et coloré, mais qui illustre également les effets néfastes des actions du Gash-pilleur. L’ouvrage explorait l’environnement du personnage jeune, rempli de belles couleurs primaires et celui, décrépit et brouillardeux du personnage vieux, après qu’il ait abattu tous les Truffalas.

La Vallée de Truffala

The Lorax offrait une mine de dessins et d’informations pour l’élaboration de la vallée de Trufalla. L’équipe put ainsi s’inspirer des couleurs, des formes, de tous les animaux, des Trufallas bien sûr, et des vertes étendues vallonnées. La difficulté résidait dans le passage d’un univers bidimensionnel à un monde dans lequel on pouvait évoluer, où les Barbalous pouvaient batifoler parmi les fleurs et les Poissounets clapoter en toute liberté.

Le Lerkim

Le moment où Ted quitte la ville pour partir à la recherche du Gash-pilleur est un passage emblématique du livre et, par conséquent, du film. On voit pour la première fois que Thneedville n’est pas ce qu’elle prétend être.

Le réalisateur explique : «Ted voit alors des terres à l’abandon. La ville est encerclée par un mur géant que personne ne franchit jamais. Là encore, nous avons beaucoup pensé à Las Vegas, cette ville perdue au beau milieu du désert. Ted n’en croit pas ses yeux, et il doit cheminer le long de falaises abruptes et naviguer parmi les souches d’arbres morts.»

Laissez-le pousser : la musique

Bien que Le Lorax ne soit pas à proprement parlé une comédie musicale, la musique y tient une place importante et participe largement à la narration. Theodor Geisel lui-même eut recours à la musique pour raconter l’histoire du Grinch.

«Tout à coup les gens de Thneedville se mettent à chanter pour dire combien ils aiment leur vie. Il y a 5 ou 6 chansons qui font partie intégrante de l’histoire», déclare Chris Meledandri.