Notes de Prod. : Les vacances de Mr Bean

    en DVD le 25 Octobre 2007

Notes de production

Rowan Atkinson, acteur couronné, scénariste et cocréateur du personnage avec Richard Curtis, explique : «Nous avons toujours été convaincus que nous ferions un autre film avec Mr. Bean, mais nous voulions qu’il soit très différent du premier. Le premier film a dix ans, et il aurait sans doute été logique d’en faire un second deux ou trois ans après, mais nous avons préféré prendre le temps d’y réfléchir et de bien faire les choses.»

M r. Bean, le personnage créé par Rowan Atkinson, a fait son apparition sur les écrans de télévision britanniques en 1990. Ce personnage à la fois sympathique et extraordinairement naïf, capable à la fois de se fourrer dans les pires situations et de s’en tirer par miracle, est rapidement devenu culte.

Le talent unique d’Atkinson, alliant la comédie burlesque et la farce, a fait de Mr. Bean une star planétaire et une icône de l’imaginaire collectif.

Forts de leur succès télévisuel, Rowan Atkinson et Richard Curtis ont pu co-écrire un long-métrage, Bean, dans lequel leur délirant héros, gardien de musée londonien, se trouve confronté au monde de l’art à Los Angeles. Avec 260 millions de dollars de recettes dans le monde à sa sortie en 1997, le film a définitivement convaincu ses créateurs qu’il était possible de donner à Mr. Bean une nouvelle occasion de se distinguer sur le grand écran. Mais il était pour eux hors de question de se contenter de se répéter, tout était à réinventer.

Le retour de Mr. Bean

Bien qu’il ne l’ait pas incarné depuis dix ans, il n’a pas été difficile pour Rowan Atkinson de renouer avec le personnage. Il confie : «La dernière fois que je l’ai joué, c’était très brièvement, pour une émission jeunesse britannique, il y a environ deux ans. Pour Les Vacances De Mr. Bean, je suis à nouveau entré dans s a peau sans la moindre difficulté. Je le comprends et le connais si bien que je sais très exactement comment il se comporte dan s n’importe quelle situation. Je n’ai plus à travailler le personnage, à réfléchir, à me demander comment il va réagir. Je le connais d’instinct - sa façon d’être, proche de celle d’un enfant, m’est naturelle. La difficulté de faire un film réside pour moi dans le fait que je me retrouve au centre de l’histoire et que je suis quasiment de toutes les scènes.

Il faut alors que je m’assure que les relation s entre Bean et les gens qu’il rencontre fonctionnent bien.» Rowan Atkinson était aussi intéressé par la possibilité d’explorer un autre style cinématographique à l’occasion d’un nouveau fi m. Il explique : «J’ai toujours été convaincu qu’avec Mr. Bea n, on pouvait faire un film plus européen. Le premier était davantage américain par son style.

Il avait l’histoire, le format et le to n d’une comédie familiale américaine. J’avais cette fois envie que Bean soit l’élément moteur, celui qui dirige l’histoire, plutôt qu’un élément réactif, cette sorte d’électron libre qui, dans BEAN se trouve au second plan alors que l’histoire est mue par d’autre s personnages.» Tim Bevan, producteur et président de Working Title Film s, explique : «Quand nous avons terminé Johnny English, j ’ai suggéré à Rowan de développer deux films, dont l’un serait une suite de Bean.» Il poursuit : «Richard Curtis et Rowan pensaient qu’il fallait se lâcher tout en épurant les choses au maximum. Il y a chez ce personnage une authentique simplicité.

Pour ce nouveau film , nous avons fait appel à Simon Mcburney, l’un des fondateurs du Théâtre de Complicité. Il a une grande expérience du mouveme nt et du mime. Au fond, lui et Rowan tendent à la même chose : interpeller le public à travers une forme de comédie plus o u moins muette.» Simon Mcburney a été immédiatement séduit par la perspective de collaborer avec Atkinson. Il confie : «Rowan est un comédien absolument unique. Je l’ai rencontré et vu travailler pour la première fois au début des années 80, et j’ai été fasciné par son travail sur scène.

Il était de ces comédiens capables de monter sur scène et d’un seul coup, de subjuguer son public. Les gens se retrouvaient à hurler de rire tout en étant complètement déroutés par ce qu ’il faisait : c’était absolument
impossible à décrire ! Il a une présence physique sans équivalent, et une imagination incroyable. Sa vision du monde est tout à fait particulière, il peut réagir à des choses que lui seul remarque. Il est dans le personnage. Il joue constamment, il invente sans cesse, et c’est ce qui le rend si spécial.» Travailler avec un personnage qui s’exprime à travers ses actes plus que ses paroles était aussi très attirant. «J’adore la comédie muette, sous toutes ses formes, précise Simon Mcburney.

J’ai toujours eu envie de rendre hommage au cinéma comique muet. L’une des premières choses que j’ai faites a été de m’asseoir avec Rowan et de regarder des films de Buster Keaton, Charlie Chaplin, Harold Lloyd et Carl Valentine.

Nous avons aussi revu des œuvres de Jacques Tati et j’ai pensé que ce serait génial d’essayer de faire un film dans lequel Bean ne dirait quasiment pas un mot. Il est beaucoup plus amusant par ses actes que par ses mots.» Les cinéastes étaient conscients que Les Vacances De Mr. Bean seraient sans doute comparées aux Vacances De M. Hulot de Tati, un grand classique du cinéma français, mais Rowan Atkinson souligne : «Notre film repose sur l’envie de Bea n de se retrouver sur une jolie plage. Il n’a pas été particulièrement inspiré par Les Vacances De M. Hulot.

Dans le film français, Hulot voyageait pendant cinq minutes et restait sur la plage pendant une heure et demie, alors que dans le nôtre, Bean voyage pendant une heure et demie et il fi nit enfin sur la plage pendant cinq minutes... Sous cet angle, Les Vacances De Mr. Beansont l’inverse de celles de M. Hulot...» Alors que les cinéastes commençaient à construire l’intrigue, un élément clé s’est rapidement dégagé : l’introduction d’un personnage féminin.

Tim Bevan raconte : «Avant que Simon ne rejoigne le projet, nous avions déjà pensé qu’il faudrait peut- être confronter Bean et une femme. Lorsque Simon est arrivé, il avait le sentiment que Bean n’était pas le genre de personnage à tomber amoureux à l’écran, mais il a trouvé intéressante l’idée de l’intervention d’un personnage féminin sous une autre forme. Simon et Rowan ont alors décidé que le film raconterait un voyage, et qu’il fallait garder l’histoire aussi limpide que possible. Notre héros irait en vacances au bord de la mer et le film serait entièrement centré sur son voyage pour atteindre la plage, et sur tous les obstacles qu’il rencontrerait avant d’y arriver.»

Ces premières discussions ont également fait naître deux autres éléments : il y aurait des dialogues dans le film, mais ils seraient soit en français, soit dans une autre langue assez peu parlée, et Bean n’aurait que trois mots de vocabulaire en «français» : oui, non, et gracias... Rowan Atkinson confie : «J’ai toujours regretté que Mr. Bean parle autant dans le premier film. En le plaçant dans un environnement où il ne parlait pas la langue, nous l’obligions à traiter chaque situation en silence, et de cette manière, nous pouvions conserver une certaine pureté dans sa manière de fonctionner.»

Les rencontres de Mr. Bean

Les scénaristes ont également décidé que Mr. Bean rencontrerait deux personnages au cours de son périple : une femme, Sabine, et un petit garçon, Stepan. Le garçon, qui ne parle pas un mot d’anglais, se retrouve sous la responsabilité de Bean, qui va essayer de le ramener à sa famille. La femme n’est pas une figure romantique, mais elle est entraînée dans l’aventure de Mr. Bean . Rowan Atkinson commente : «Nous avons eu beaucoup d e chance avec le casting. Emma De Caunes est tout ce que nous aurions pu souhaiter pour incarner Sabine. Elle fait passer une vraie tendresse, tout en ayant la légèreté qui correspond à notre vision d’une actrice française.


Le jeune Max Baldry est très vivant, actif et dynamique, très naturel.» La coproductrice Caroline Hewitt ajoute : «Pour Sabine, il nous fallait quelqu’un qui ne soit ni trop jeune ni trop mûr. Emma a exactement l’âge qui convient. Elle comprenait parfaitement l’esprit du personnage.

De son côté, Max parle russe, ce qui correspondait à la perfection parce que nous voulions un petit garçon qui parle couramment une autre langue. Il a une énergie extraordinaire. Il a une vraie maîtrise de lui-même et il est précoce.» Pour Emma De Caunes, accepter le rôle de Sabine a été une décision facile à prendre. Elle raconte : «Quand j’avais 15 ou 16 an s, mon père me rapportait des cassettes de Bean. J’adorais ça ! Il me faisait mourir de rire. J’aime cette innocence enfantine, et c’est un personnage universel que nous comprenons tous. Il y a une vraie poésie dans Les Vacances De Mr. Bean.

C’était aussi l’occasion de travailler avec Rowan, qui est un acteur formidable. Le rôle n’est pas simplement burlesque, il est davantage que cela, c’est un vrai rôle de composition. J’ai adoré voir Rowan travailler et improviser.

Pour moi, il est comme Charlie Chaplin.» Le jeune Max Baldry, qui fait ici ses débuts au cinéma, connaissait lui aussi la série télévisée. «J’ai grandi en Pologne et nous regardions cette émission. Bean est connu dans le monde entier ! Un jour, alors que nous étions en train de tourner à l’Arc de Triomphe, un car de touristes japonais est passé près de nous. Ils ont tous ouvert les fenêtres et crié «Mr. Bean ! Mr. Bean ! ». C’était très drôle ! C’est très excitant de me retrouver à jouer ave c lui. Souvent, je le trouvais tellement drôle que j’avais beaucoup de mal à ne pas rire !» Pour le personnage de Carson Clay, les cinéastes ont choisi Willem Dafoe.

La coproductrice Caroline Hewitt explique : «Carson Clay est la caricature du cinéaste d’art et d’essai prétentieux qui doit faire des pubs pour joindre les deux bouts et réalise le film le plus nul que l’on puisse imaginer. Willem est venu vers ce personnage avec une grande générosité, et il l’a immédiatement cerné. Nous lui avons donné une petite amie géante pour la scène du tapis rouge au festival, et il a totalement joué le jeu.» Willem Dafoe confie : «Il n’a pas fallu me pousser pour que j’accepte le rôle ! Je suis un fan de ce que fait Rowan, et j’ai adoré ce personnage. J’incarne une vraie prima donna du cinéma d’auteur, un cinéaste qui est la star de ses propres films, mais qui fait une pub pour des yaourts pour l’argent... D’une certaine façon, il est le faire-valoir de Bean, qui est sa bête noire...»

Le film plaisait aussi à Dafoe parce qu’il représentait l’occasion de sortir de son registre habituel. «C’est assez différent de ce que j’ai fait jusqu’ici ! C’était une véritable aventure parce que j’ai d û avoir une approche complètement inédite. C’est de la comédie physique, du burlesque, et c’est très libérateur. Je me suis beaucoup amusé !» Comme un poisson hors de l’eau La réalisation a été confiée à Steve Bendelack, réalisateur d e succès du petit écran britannique comme «French and Saunders » et du long-métrage The League Of Gentlemen’s Apocalypse . Tim Bevan explique : «Nous voulions quelqu’un qui ait le sens de la comédie et qui sache travailler avec des acteurs comiques, mais qui possède aussi un vrai sens cinématographique. Steve était celui qu’il nous fallait.»

Le défi pour Bendelack a été de placer Bean dans un environnement inédit. «J’ai cherché à combiner ce que l’on connaît de lui, ce qui a fait ses preuves, avec des choses totalement inédites. Dans ce film, on découvre Bean dans un contexte beaucoup plus large.

C’était intéressant de le situer dans un monde réel avec des personnage s réels et de jouer sur cette juxtaposition. J’étais attiré par la subtilité de son interprétation. Il y a une part de la personnalité de Rowan dont ce personnage est une authentique extrapolation. Travailler là-dessus était passionnant.» Caroline Hewitt observe : «Voir l’aisance avec laquelle Rowan se glisse dans la peau de Bean est impressionnant. Il a une capacité de concentration extraordinaire, il ne perd jamais son objectif de vue. J’ai appris à le connaître durant ce tournage et le voir se transformer en Mr. Bean a été un vrai choc. C’est littéralement une autre personnalité qui prend le contrôle.

C’est un processus complètement différent de celui des autres acteurs. Rowan connaît Bean sur le bout des doigts, il peut dire sans jamais se tromper « je ne ferais jamais ça en tant que Bean», il a une affinité totale avec ce personnage.

C’est réellement fascinant à voir.» Le film se déroule en presque totalité en France, mais les cinéastes désiraient représenter une France qui irait à l’encontre des idées reçues de Bean. Simon Mcburney raconte : «Nous avons beaucoup parlé de l’idée toute faite que Bean pouvait avoir de la France. Son idée de ce pays
est incarnée par le décor de la publicité pour les yaourts dont il va perturber le tournage : un e France de vieux villages paisibles douillettement nichés dan s une campagne verdoyante, peuplée par des hommes coiffés d e bérets et attablés à des terrasses de café pour boire du Pernod ... La France de Bean se révèle être une caricature, une fiction. La vraie France est bien différente. J’y ai vécu longtemps et j’avais le sentiment qu’il fallait la représenter comme ce qu’elle est, un pays très moderne, extrêmement urbanisé et qui possède un sens incroyable de l’esthétique et du design.

La vraie France, c’est aussi les autoroutes, l’architecture ultramoderne de La Défense et le Festival de Cannes ! Bien sûr, il y a aussi des blagues qu’on ne peut faire qu’à propos de la France, des choses qui ont un rapport avec les cyclistes, l’auto-stop ou la nourriture... La clé de tout cela était de voir Bean fonctionner et interagir avec une culture qui n’est pas la sienne. Très souvent, dans la série TV, il était placé dans une situation qui ne lui était pas familière. Là, c’est tout un pays qui ne lui est pas familier, et tout est potentiellement un désastre.» Rowan Atkinson ajoute : «La France est un territoire vaste où la population est relativement peu élevée en regard de sa surface . Il y a de magnifiques paysages que nous nous sommes efforcés de représenter dans toute leur splendeur. Nous avons aussi filmé certains éléments d’architecture et des lieux - lorsque Bean se retrouve face à eux, la juxtaposition engendre quelque chose de très drôle. Plus on prend de recul, plus le petit personnage devient amusant dans le paysage.»

Le tournage s’est déroulé sur 12 semaines pendant l’été 2006 à Londres, à Paris, dans le Lubéron et à Cannes - sur les plages et au Palais des Festivals. Pour la première fois, l’équipe a même été autorisée à filmer sur le tapis rouge pendant le Festival international du Film. Caroline Hewitt commente : «C’était extraordinaire d’avoir pu tourner pendant le vrai festival ! Gilles Jacob, le président du festival, était un fan de Mr. Bean et il a aimé l’idée du film. Toute son équipe nous a réservé un accueil extraordinaire et nous a aidés de toutes les manières possibles.

Nous avons filmé une scène en direct, alors qu’une vraie équipe de film montait les marches - nous leur avons tout simplement emboîté le pas. Et pour l’une des scènes les plus complexes, nous avons pris possession de l’équivalent de trois plages publiques sur la Croisette !» Pour Emma De Caunes, être filmée montant les marches à Cannes alors qu’une vraie première allait se dérouler reste une expérience étrange.

«C’était excitant parce que personne ne savait que nous tournions un film ! Des gens me reconnaissaient et criaient «Emma !», et moi je pensais «Non, je suis Sabine !»... C’était très amusant. C’est formidable d’avoir pu capter un peu de la folie de Cannes au moment du Festival.»

Situer le film à Cannes en pleine période de festival était pour Simon Mcburney une autre façon de rendre hommage au septième art. Pendant tout le film, Mr. Bean a une caméra vidéo, et une partie de la narration se fait à travers les images qu’il filme. McBurney commente : «Les grands acteurs du cinéma muet ont toujours joué avec l’idée même du cinéma. De nos jours, beaucoup de gens emmènent une caméra vidéo quand ils partent en vacances. Cela nous donnait un moyen idéal de jouer avec l’image. Tout à coup, on peut voir ce que regarde Bean, cela devient une fenêtre vers ce qu’il pense et ressent. Et cela porte ses fruits : ses images finissent par être projetées à un célèbre festival de cinéma ! Inévitablement, son film et le nôtre se rencontrent. Cela nous fournissait une manière amusante de jouer avec l’idée de ce qui est réel et ce qui ne l’est pas.» Rowan Atkinson commente : « Le fait que Mr. Bean emporte cette caméra partout avec lui est un élément très important de l’histoire.

Dans notre film, il existe en fait deux films : celui que nous faisons et celui que fait Mr. Bean sur son odyssée. La manière dont les deux fusionnent, se superposent, s’entrechoquent. Les films et le cinéma sont au cœur même de cette aventure.»

Entretien avec Rowan Atkinson

Dix ans se sont écoulés depuis le succès du film original, Bean. Pourquoi a-t-il fallu si longtemps pour faire la suite ?
En fait, à l’origine, nous n’avions pas prévu de faire une suite. Nous en avions l’envie, mais la concrétiser a été assez compliqué parce que je voulais faire quelque chose de différent. À l’époque du premier film, en 1997, j’incarnais Mr. Bean depuis déjà huit ans et je souhaitais passer à autre chose. C’est pour cette raison que j’ai fait Johnny English.