Notes des réalisateurs
Une Peur Universelle, par Victor Maldonado et Adrian Garcia
La nuit et plus particulièrement l’obscurité qui la constitue, font certainement partie des peurs les plus universelles. Même adultes, certains d’entre nous restent effrayés quand ils sont dans une pièce obscure.
Pour Nocturna, nous sommes partis de cette réalité universelle pour créer une histoire qui n’est attachée à aucun lieu ou époque définis, tout en préservant l’esprit des contes de fées classiques. Référence directe aux contes d’Andersen ou des Frères Grimm, cet esprit continue à fasciner les enfants d’une génération à l’autre. De telles histoires sont toujours basées sur un concept simple, auquel le jeune public s’identifie immédiatement.
Sur le principe d’une fable moderne, Nocturna se veut un voyage initiatique où chaque spectateur peut s’identifier au héros, tout en se rappelant éventuellement comment il a pu surmonter ses propres peurs du noir.
L’animation reste pour nous le médium idéal pour recréer des mondes imaginaires et développer de surprenants environnements visuels. L’histoire de Nocturna nous a permis de créer un univers unique où cohabitent des éléments tirés à la fois de l’imagination des enfants et de notre propre culture visuelle. Ces éléments prennent ici la forme de jouets, de poupées, de marionnettes, de figurines ou de bâtiments tortueux évoquant l’image de villes européennes du début du 20ème siècle, aux rues brumeuses éclairées par la lumière diffuse des lampadaires qui les surplombent.
Grâce à la technique de l’animation traditionnelle, cette représentation enfantine de la nuit en ville a pu prendre vie. Notre défi fut de trouver le juste équilibre entre la représentation d’un univers sorti de l’imagination d’un enfant et la représentation d’un monde caché, superposé au nôtre : le monde fascinant de Nocturna - mais ni trop sombre ni trop fantasmagorique.
Pour atteindre cet équilibre, il était nécessaire d’utiliser pleinement la lumière afin d’unir l’histoire à l’atmosphère originale et si particulière de Nocturna. Lumière et obscurité deviennent ainsi des éléments clés de l’intrigue. L’évolution constante de l’animation 2D tend à libérer la créativité de ses contraintes techniques. Les avancées technologiques ont apporté aux animateurs polyvalence et spontanéité et ont donné aux producteurs plus de souplesse dans le processus de création. Elles ont ainsi permis la naissance de productions plus personnelles qui, grâce à leur originalité, ont séduit les jeunes générations.
Convaincus et conquis par sa ressemblance visuelle avec le monde de l’illustration et des contes pour enfants, la 2D s’est naturellement imposée à nous. C’est en partie grâce à cette technique que Nocturna atteint sa dimension de “ film-fable ”.
A travers ce monde empreint de poésie et d’émotion, notre vœu le plus cher serait que le souvenir de ce film accompagne quotidiennement les enfants (et pourquoi pas leurs parents...) afin de les aider à sur- monter cette irrépressible “peur du noir”.
Notes de Production
La nuit dans l’imaginaire enfantin
“ A l’époque, les écrans regorgeaient de comédies, musicales ou non ; brillantes, ensoleillées et grouillantes de figurations. Et voilà que j’arrivais avec ma boite de nuit vide, ma brume, ma grisaille, mon pavé mouillé et mon réverbère ” Marcel Carné
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Retour en musique sur le film...

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