Notes de Prod. : Trois enterrements

    en DVD le 31 Mai 2006

Présentation du film à Cannes le 20 mai 2005

Alors que la fatigue pointe de plus en plus le bout de son nez depuis déjà quelques jours, le festival entre aujourd'hui dans sa phase finale avec les deux derniers films de la Compétition Officielle, Three Times du taiwanais Hou Hsiao Hsien et Les Trois Enterrements de Tommy Lee Jones, mais aussi avec la clôture de la section Un Certain Regard (projection du film Habana Blues) et de la Semaine de la Critique.

Premier « long-métrage de cinéma »* réalisé par le comédien Tommy Lee Jones (Men In Black), Les Trois Enterrements se révèle être la surprise de ce festival. En effet, s'il l'on attendait des œuvres de grande qualité de la part de cinéastes comme Egoyan, Wenders, Jarmusch ou Haneke - et nous n'avons pas été déçus ! - nous étions moins regardants quant au film de Tommy Lee Jones... Qui s'avère être très intéressant. Il aborde un sujet plutôt banal - un homme veut prouver son amitié sans borne et donner une leçon de vie à un autre -, de façon tout à fait novatrice, avec un scénario très original. S'il souffre d'une mise en place un peu longue, le film trouve son rythme dès que les deux hommes (incarnés par Tommy Lee Jones et Barry Pepper) partent à cheval entre le Texas et le Mexique.
Les Trois Enterrements est une sorte de western moderne à l'image d'autres films que l'on pu voir cette année à Cannes (Down In The Valley, Don'T Come Knockin'). Ces road-movies participent ainsi au renouveau d'un genre qui avait connu ses heures de gloire il y a déjà bien longtemps, à l'époque des grands John Ford et Clint Eastwood. Tommy Lee Jones n'a d'ailleurs pas hésité à se comparer au réalisateur d'Impitoyable lors de la conférence de presse cannoise :
« Mon film ressemble un peu à ceux de Clint Eastwood, nous avons d'ailleurs beaucoup de points communs tous les deux. »
Tommy Lee Jones qui a lancé ouvertement un appel : « Je cherche du boulot, je suis libre, alors si vous avez quelque chose à me proposer, je suis preneur ! » (rires)… Avis aux réalisateurs à la recherche de comédiens !

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Amélie Chauvet (Cannes, le 20 mai 2005)

* Annoncé dans un premier temps comme participant à la caméra d'or qui prime un premier long-métrage présenté à Cannes, toutes sections confondues, le film de Tommy Lee Jones en a finalement été disqualifié. Le réalisateur avait en effet réalisé, il y a quelques années, "The good old boys", un film de télévision.

Notes de production

Au début de l'hiver 2001, Tommy Lee Jones a demandé à Guillermo Arriaga d'écrire un scénario dont l'action se déroulerait sur la frontière entre l'ouest du Texas et le nord de Chihuahua, au Mexique. Jones est né dans l'ouest du Texas et y a grandi ? Pendant de longues années il a été propriétaire d'un ranch dans les Davis Mountain. «Il s'agit de ma patrie, de mes compatriotes. C'est pour ça que j'ai a cœur de faire un film sur cette région » explique Tommy Lee Jones. Ils ont convenu qu'Arriaga écrirait le rôle principal que tiendrait Jones en plus de réaliser le film. En tant que scénariste mexicain amoureux de cette région frontalière, Arriaga avait très envie de raconter une histoire qui ferait connaître ce carrefour des cultures américaine et mexicaine, ce lieu où les hommes, les coutumes et les traditions coexistent tantôt dans l'harmonie, tantôt dans la discorde.

Entretien avec Tommy Lee Jones

D'où est venue l'idée du film ?

Guillermo Arriaga est un de mes excellents amis et un compagnon de chasse. Je l'ai rencontré en Californie il y a 3 ou 4 ans (…) Michael Fitzgerald, le producteur du film, chasse aussi avec nous ? Un jour, alors que nous étions tous les trois dans une voiture, on s'est dit : « Il y a beaucoup de talents réunis dans cette voiture. Si on faisait un film ensemble ? » Et comme une bande de gamins, nous nous y sommes mis sauf que, nous en avons fait une réalité.

Souvenirs de tournage

Guillermo Arriaga :
« Je voulais raconter une histoire d'amitié et de loyauté qui transcenderait les multiples méprises entre les Etats-Unis et le Mexique, deux pays à la fois très proches et très éloignés. »

« Bien sûr, l'inspiration pour le personnage est Tommy Lee Jones en personne, mais puisque c'est un grand acteur, je n'ai jamais eu à m'en préoccuper »